Tiré de : « Description des principaux lieux de France » par J. A. Dulaure. Tome I, 1789.

L'orthographe a été modernisée.

 

  FORCALQUIER.

Ville située sur les bords de la petite rivière de Laye, à deux lieues de la rive droite de la Durance , à cinq lieues et demie de Sisteron, et à dix de la ville d'Aix.

Cette ville, chef-lieu d'une Sénéchaussée d'une Viguerie, était autrefois célèbre par son ancien titre de Comté.

origine , On croit que Forcalquier était connu du temps des Romains sous le nom de F orum Neronis, et que dans la suite il fut appelé Furnus Calcarius parce que le château fut bâti proche un four à chaux.

Histoire . Vers l'an 561, Bozon II, Comte de toute la Provence , étant mort, ses états furent partagés entre ces trois fils Guillaume I, Pons et Robaud I. Le premier fut Comte de Provence ; le second, Vicomte de Marseille» et le troisième eut la seigneurie de Forcalquier qui comprenait alors plusieurs villes de Pro­vence. Forcalquier et ses dépendances n'eurent point alors le titre de Comté; et il n'a été connu sous ce nom que vers la fin du onzième siècle. Le Roi porte encore aujourd'hui le titre de Comte de Provence, et de Forcalquier.

L'église collégiale de Forcalquier prend le litre de cathédrale, titre qu'elle prétend par­tager avec la métropole de Sisteron ; cette pré­tention est appuyée sur l'événement suivant :

En 1060 Gérard nouvellement élu Evêque de Sisteron, ayant été mal reçu par quel­ques Chanoines de son chapitre, se retira à Forcalquier avec ceux de son parti, et depuis ce temps 1'église de Forcalquier s'intitule Cathédrale.

Ancien usage .   J'aime à citer, dit M. l'Abbé Papon, comme une preuve de la simplicité des murs antiques, ce plaid que Raimond Bérenger IV tint à Forcalquier au commencement du treizième siècle , et dans lequel ce Prince , dont les quatre filles épousèrent les quatre plus grands Monarques de l'Europe , nous est représenté assis au haut de l'escalier qui conduisait au clocher, les principaux Seigneurs de sa Cour occupant une place bien moins commode encore ; c'était l'usage alors que les grands Vassaux rendissent la justice dans la cour de leur château, assis sur un perron ombragé, tantôt d'un orme ou d'un tilleul , tantôt d'un pin ou d'autre arbre ; et il y a des villages où l'on trouve encore un reste de cet ancien usage, dans l'habitude où l'on est d'assembler, en été, le Conseil de ville sous un orme ou sous un chêne.

Forcalquier, ainsi que toutes les villes et châteaux de la Provence , fut le théâtre de plusieurs combats ou massacres pendant les guerres de la religion. En 1572, les compagnies des Capitaines l a Molle et Limans firent démolit le temple que les Huguenots avoient bâti dans cette ville.

Anecdote. A une lieu de Forcalquier est un village appelé Mance. Gassendi y passa en 1641, et y vit une femme plus qu'octogénaire, qui, après avoir perdu ses dents depuis quinze ans, souffrait des douleurs occasionnées par de nouvelles dents qui lui poussaient.

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Scannérsé par J. P. Audibzert