Riez, Riez la Romaine :
C’est la plus ancienne cité du département. La ville se situe à la jonction des cours d’eau : Colostre et Auvestre ce qui rend la plaine alluvionnaire qui l’entoure très riche.
Aux temps de la préhistoire, c’était une ville-cité des Reii (peuplade gauloise) qui se trouvait au sommet de la colline Saint Maxime, celle qui domine la ville de nos jours. On trouve comme appellation REI, REIA, REGINIUM,  Puis, vinrent les Romains qui en firent une colonie : COLONIA JULIA AUGUSTA APOLLINARIUM REIORUM. Ville importante, gouvernée par des quattuorvirii (collège de 4 magistrats à la tête d’une colonie de droit latin). Elle est signalée par deux tours sur la carte de Peutinger ce qui caractérise les villes importantes.  Riez était située dans la province de la narbonnaise seconde, elle était implantée au carrefour de plusieurs via qui allaient à Fréjus, à Digne et à Aix en Provence.   Il existe encore aujourd’hui des traces de la très ancienneté de la cité : les colonnes en marbre gris qui doivent dater du premier siècle après J.C. et témoignent de la présence d’un temple dédié à Apollon (dieu de la médecine) suivant les inscriptions retrouvées de remerciements  pour la guérison d’une maladie, à une date ultérieure puisque les historiens fixent le moment de sa construction au V° siècle, on trouve un baptistère (aussi appelé« le Panthéon »)

                                          ----Intérieur du baptistère          

L’extérieur de ce bâtiment fut refait au XIX° siècle. A l’intérieur, on peut voir une piscine octogonale dont il ne reste que des débris entourée d’une colonnade et un musée lapidaire fondé en 1929 par Marcel Provence. Seule la base de cet ouvrage est d’origine (paléochrétien), la coupole est romane. Des fouilles récentes ont mis à jour des termes sur lesquelles il aurait été bâti. Il est de taille modeste, c’est un bâtiment carré, de 9 mètres de coté Les évangiles furent prêchés dans cette cité dès le commencement du second siècle et c’est vraisemblablement au 5° siècle que la ville devint le siège d’un évêché qui fut supprimé en 1801. Son premier évêque connu fut Saint Maxime, qui fut supérieur des moines des iles du Lérins, il donna son nom à la colline qui surplombe la ville, au Haut Moyen Age, pour se protéger des invasions barbares, la population s’installa sur cette hauteur, elle amena avec elle son bâtiment cultuel : la cathédrale. Maintenant, on peut y voir une chapelle bâtie en 1655.
Le Moyen Age fut marqué par le passage et le mise à sac de la ville par les troupes espagnoles d’Henri de Transtamare (un prétendent au trône d’Espagne) en 1366. C’est à cette époque qu’elle fut entourée de murailles et de tours, ce qui en reste est la tour de l’horloge, horloge qui, malgré son âge, continue de fonctionner date du XVI° siècle, elle fait l’objet de soins de la mairie tous les samedis matins, deux portes et des andrones (passages couverts) et 2 tours
La cathédrale actuelle fut construite à partir de 1490 suite à la démolition de l’ancienne (Notre Dame de la Sed) qui se situait sur la colline Saint Maxime. Elle fut détruite en 1574 ce qui amena Henri III à financer sa reconstruction. A l’origine, cette cathédrale n’était constituée que d’une seule nef ; un bas coté fut ajouté au XVII° siècle, elle souffrit des guerres de religion (incendie du chœur) et de la Révolution. Elle s’écroula en 1842 et fut reconstruite en 1849, seuls le chœur, le clocher et la chapelle Saint Charles sont d’origine.
---- Tour de l’horloge                                                                                  ----- La cathédrale

La cité tomba aux mains des protestants en 1574. Le maréchal de Retz rétablit la situation mais elle fut prise une seconde fois en 1578 pour peu de temps, ce fut le gouverneur de Provence, le duc d’Angoulême, qui la remis aux mains des catholiques.
Il ne faut pas quitter la ville sans voir l’Hôtel de Mazan qui comporte 4 nivaux s’étageant autour d’une cour intérieure et qui devrait abriter un musée de la gypserie et de l’archéologie.
En dernier lieu, il faut signaler que Riez est la ville natale de l’abbé Féraud pour laquelle il écrivit quelques monographies, en particulier une sur les colonnes antiques.

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