Quelques CHÂTEAUX :

« Il subsiste à travers la Haute Provence, nombre de vieux, de plaisants châteaux. Tantôt ils décorent la campagne du charme de leurs pierres patinées par l’âge, tantôt (c’est le cas le plus fréquent), ils se carrent au milieu des villages ou les dominent de leurs masses, qu’elles soient rustiques, empreintes  de style, où même parfois, majestueuses. »
Raymond Collier, « Monuments et Art de Haute-Provence », 1966. Préface de Jean Giono.   

Allemagne en Provence
C’est un château de plaines qui se trouve en dehors du village. Il date de la fin du XV ° s et du début du XVI ° s. Il a été bâti autour d’une tour du XII ° s qui doit être un ancien poste avancé du château médiéval qui se trouvait au quartier de la Moutte, à l’est du village que nous connaissons. Sa construction se déroula sur une cinquantaine d’années. Elle fut commencée sous le règne de Louis XII par François de Castellane et se termina sous François c’est dire si le château a un style première renaissance (mélange d’un style nouveau et du gothique). Le bâtiment qui servit de lieu de résidence aux différents propriétaires à un plan en équerre délimité par trois tours rondes. Il est classé « monument historique »  depuis 1986 ainsi que ses jardins.
Il fut la propriété de la famille Castellane qui s’est illustrée durant les croisades et surtout pendant les Guerres de Religion où elle prit le parti de la Réforme. A cette époque, elle fut déposséder du château après un siège de 16 jours par les ligueurs mais rentra bien vite dans ses biens. Le seigneur, baron d’Allemagne, Nicolas Mas-Castellane, fut tué lors de ce combat et sa femme fit exécuter 11 prisonniers catholiques sur sa tombe. Alexandre, le fils  de Nicolas, fut tué lors d’un duel et la régente, mère de Louis XIII, confisqua ses biens. Le château va, alors,  passer par un jeu d’alliance, aux mains de la famille d’Oraison puis dans celles des Varages. Il fut pillé et dévasté à la Révolution mais non démoli comme il avait été prévu. Il sera racheté, au XIX ° s par un lointain parent des Castellane, Mr Ripert de Montclar, diplomate, érudit, qui y fera d’importants travaux de restauration. Il est maintenant entre les mains de la famille Himmel qui continue ces travaux. 

Fontienne

C’est un bâtiment encastré, au milieu du village. Sa partie supérieure date du XVIII ° s et du début du XIX ° s mais les pièces de l’étage inférieur qui donne sur une terrasse datent, elles, du XIII ° s. Ces salles sont voutées en plein cintre.
Il a une forme de « L » et se compose de deux corps de logis qui sont disposés autour d’une cour intérieure. Il est dominé par une tour à mâchicoulis.

Chateau de Bel – Air : près de Sigonce.

Sa construction remonte à la fin XVI° siècle et au début du XVII°.



Il prend la place d’un château médiéval. Jusqu’à présent, on a peu trouvé de renseignements sur lui. Il aurait appartenu à la famille Bousquet qui était différente des seigneurs de Sigonce, il était enclavé dans le territoire de ce village.
Comme on peut le voir sur la photo ci-dessus, il est de dimensions imposantes. Il est fait de deux ailes en équerre qui ont pour jonction une tour haute, chacune d’elle se termine par une tour ; il est entouré de marronniers centenaires. Il offre à peu près 900 mètres carrés de surface habitable, ses génoises s’étagent sur 4 rangs, signe de construction faite par un seigneur important. Les décoration multiples peuvent remontée à la fin du XVI° siècle, il faut remarquer, à l’intérieur, une porte magnifiquement décorée et une cage d’escalier qui offre à notre vue  de très belles gypseries, les fenêtres des niveaux inférieurs doivent être du XVIII° siècle, c’est-à-dire percées après la construction du château. C’est une propriété privée qui a eu et a toujours d’importants travaux de restauration. Il sera peut-être un jour un lieu d’animations culturelles. 

Château de Salignac : au Sud de Sisteron.
La commune de Salignac s’enorgueillit de posséder un château sur son territoire, nommé « château de Vallée ». Il est situé à environ 3 km de Sisteron et en face du village.
Il aurait été construit ou reconstruit au XVIII° siècle.
Il est constitué d’un grand corps de logis rectangulaire, de communs, le tout se trouve autour d’une cour caladée qui comporte une petite fontaine adossée à un mur. On peut voir aussi une petite chapelle détachée du groupe ainsi constitué.

Au rez de chaussée, on peut découvrir les cuisines qui ont la particularité d’avoir une cheminée néo-classique (seconde moitié du XVIII°siècle et début duXIX°siècle) faite de marbre gris. En contrebas, on peut voir un jardin enclos dans des murs de pierres sèches.
Ce château fut la propriété de la famille Du Virail et de celle des Rochas.
Une légende courre, racontant que des brigands voulaient investir le château pour tuer tous ses habitants de façon à le piller en toute tranquillité. Pour y pénétrer, l’un d’eux pris l’apparence d’un mendiant, il s’introduisit dans la place en demandant l’hospitalité. Il voulut faire brûler une chandelle faite de « graisse de chrétien » qui avait le pouvoir d’endormir ceux qui étaient dans la même pièce qu’elle mais une servante s’étant aperçue du manège la remplaça par une normale, elle ferma les portes à double tour et prévint du danger les occupants du château. C’est ainsi  que les assaillants qui s’étaient précipités sur la porte principale reçurent sur la tête des marmites et des pierres, afin tout ce qui tomba dans les mains de ceux qui se défendaient. Le lendemain, on trouva un des bandits la tête fracassée.

Mane :

                                                                  
C’est, en fait, une forteresse qui faisait partie d’une ligne de défense, comprenant entre autre, Porchère et Reillanne, destinée à assurer la protection de Forcalquier. Sa construction primitive date du XII°siècle, on en retrouve la trace, de nos jours, dans la partie nord des murs.
Le château a été construit sur un monticule en safre. Il présente une double enceinte en forme d’hélice, le mur de la première mesure en plusieurs endroits ou presque partout plus de 11 mètres de hauteur. Les échauguettes d’angle ne datent que du XVI°siècle, confirmation de l’hypothèse qui veut qu’elles existaient au Moyen-âge mais en bois et que ce n’est qu’au XV° et au XVI° siècle qu’elles furent construites en pierre. L’actuel propriétaire (propriété privée, ne se visite pas) s’est logé dans la partie sommitale qui est de ce siècle.
C’est l’unique fortification médiévale de Haute Provence demeurée intacte de nos  jours, de nombreux travaux de restauration ont été faits et sont toujours à l’ordre du jour.

Mison : près de Sisteron.
Là-bas, sur une hauteur d’où l’on peut voir le confluent  du Baech et de la Méouge, on découvre, dominant le village, les ruines d’une forteresse du XIII° siècle appartenant aujourd’hui à la commune.

                                                 

Elle a été certainement construite sur les ruines d’un château Haut Moyen Age, celui cité dans une charte de 988. L’association « Alpes de Lumière », dans le cadre de ses chantiers bénévoles reconstruit ou a reconstruit (voir le moment où on lit cet article) le chemin d’accès à la plate forme. Son enceinte est constituée de galets et l’intérieur a été comblé.
Cette forteresse dispose de 2 portes d’accès qui sont opposées l’une à l’autre ; la porte orientale permettait de se rendre au château depuis le bourg, celle de l’ouest avait le même usage mais on l’empruntait par un sentier qui faisait une épingle à cheveux et se terminait devant une tour dans laquelle était percée une porte. Le château fut occupé jusqu’au XVIII° siècle puis il devint très vite une ruine.

Niozelles   
Déjà dans l’antiquité, le bourg avait un castrum (ancêtre du château militaire) sur une colline proche du lieu-dit « Vielle Eglise ».Jusqu’en 1030, la butte au sommet du village, fut un lieu militaire où  l’on pouvait voir un château qui devait devenir un pressoir à huile. Celui que l’on peut voir de nos jours se dresse sur la grande place du village, il date du XVII ° s, il y eut une autre campagne de construction et de rénovation dans la deuxième moitié du XVIII ° s. Il devait avoir deux tours mais aujourd’hui il n’en reste qu’une. Elles furent détruites toutes les  deux pendant la Révolution. La clé de voute du portail qui ouvre sur une cour intérieure à l’arrière du bâtiment, porte la date de 1768. Il appartint successivement aux familles Sabran, Boulier et Glandevès.
Le village s’est développé à l’Est mais seulement au XVIII ° s, c’est ainsi que l’on peut voir encore aujourd’hui une ruine de tour ou de donjon datant du XIII ° s, à l’ouest.

Oraison

C’est un grand bâtiment en forme de quadrilatère en plein centre ville  qui semble protéger les maisons du village tout autour de lui. Il a été construit en galets de la Durance. Le dernier étage n’est pas d’origine. Il a deux tours rondes au sud-est. Il doit dater du XVIII ° s, d’à peu près 1730, et ce doit être le marquis (puisque cette terre avait été élevée au rang de marquisat) Mathieu Fulque qui, le fit construire. Il ne fut que dévasté et non détruit à la Révolution. Une plaque rappelle la présence de Pasteur en 1865 et 1870 qui vint pour aider la sériculture.

Sausses : près d’Entrevaux.
C’est plutôt une maison noble au sommet du village qui aurait été construite au XVII°siècle pour remplacer un château médiéval.


C’est une masse rectangulaire qui fut la demeure de la famille Montblanc, seigneurs du lieu. Il est fait en partie de moellons de calcaire. Il comporte trois étages, c’est le troisième qui s’ouvre sur le jardin, on y trouve aussi une cuisine, une salle à manger et deux salons.

St. Maime
Ce château est inscrit aux « monuments historiques » depuis 1998. Malheureusement, de nos jours, il ne reste que des ruines, en particulier le donjon, de forme octogonale, en pierres calcaires qui laissent apparaitre deux rangs de pierre de différentes grosseurs. (voir le village)
Ces restes sont d’époque médiévale (XII ° s). Le manoir servit de résidence aux comtes de Forcalquier et de Provence. Selon une légende, les quatre filles d’un comte, Raymond Bérenger V, qui furent reines toutes les quatre (une fut l’épouse de Saint Louis), y auraient passé leur enfance mais on se demande si elles y auraient passé même une nuit.
Il en reste plusieurs murs mais il est curieux de constater qu’il n’y a aucune ouverture pour tirer, ni archère ni emplacement pour une bouche à feu. La chapelle Sainte Agathe qui se trouve à coté du donjon devait être celle du château.
Le castel dépendait de la vicomté de Reillanne et cela à partir  du XIV ° s.

 

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